Et si votre poste de radio avait définitivement cédé sa place à votre téléphone ? Les chiffres de Médiamétrie pour le premier trimestre 2026 le confirment : la radio se porte bien, très bien même — mais elle a changé de visage.

La dernière vague de l’étude EAR Global Radio publiée par Médiamétrie le 12 mai 2026 le confirme avec éclat : entre janvier et mars 2026, 11,3 millions de Français de 13 ans et plus écoutent chaque jour la radio via un support digital, soit exactement 19,8% de la population. Un nouveau record absolu, et une tendance qui ne montre aucun signe d’essoufflement. Au total, ce sont 38,4 millions de Français qui écoutent la radio chaque jour, tous supports confondus.

Du transistor au smartphone : une révolution silencieuse

Il faut replacer ce chiffre dans son contexte pour en mesurer la portée. En 2022, ils étaient 8,8 millions à écouter la radio sur un équipement numérique. En 2023, 9,3 millions. En 2024, 9,7 millions. En 2025, le cap symbolique des 10 millions était franchi. Et en ce début 2026 ? On atteint 11,3 millions. C’est 877 000 auditeurs supplémentaires gagnés en un seul an — la plus forte progression annuelle de ces dernières vagues. Une courbe que rien ne semble vouloir fléchir.

La révolution est silencieuse, mais elle est bien réelle. Là où les générations précédentes se réveillaient au son du réveil-radio, leurs enfants — et de plus en plus leurs parents — glissent une oreillette, lancent leur appli préférée et retrouvent leurs voix familières. Même contenu, même complicité, autre support.

Le smartphone, roi incontesté de l’antenne numérique

Sans surprise, c’est le téléphone mobile qui truste la première place des supports numériques d’écoute. À lui seul, il capte 7,7 millions d’adeptes quotidiens — soit plus des deux tiers de l’audience numérique totale. Il faut dire que l’objet s’y prête : toujours dans la poche, toujours connecté, il est devenu le couteau suisse de nos vies médiatiques.

Derrière lui, un duel inattendu : l’ordinateur et les enceintes à commande vocale se retrouvent à égalité parfaite, avec chacun 1,5 million d’auditeurs quotidiens. Ces petits cylindres intelligents posés sur le comptoir de cuisine ont définitivement trouvé leur place dans nos rituels d’écoute. « Hey, mets France Inter » — voilà peut-être l’une des phrases les plus prononcées dans les foyers français depuis quelques années.

Et puis, petite surprise de cette vague 2026 : la télévision s’invite dans le palmarès des supports numériques radio, avec 1 million d’auditeurs quotidiens. Écouter la radio sur son téléviseur connecté — via une smart TV ou une box — est en train de devenir une habitude bien réelle. Enfin, les autres équipements (tablettes, montres connectées…) complètent le tableau avec 517 000 adeptes quotidiens.

Qui sont ces auditeurs du nouveau monde ?

On pourrait penser que l’écoute numérique de la radio est l’apanage des jeunes, nés smartphone en main. La réalité est plus nuancée, et franchement plus réjouissante.

Les 35-59 ans sont les plus mordus de radio numérique : 25,4% d’entre eux l’écoutent chaque jour sur un équipement numérique, soit une hausse de 1,7 point en un an. Les CSP+ confirment leur appétit pour ces nouveaux usages avec 26,7% d’adeptes quotidiens (+1,6 point), et les Franciliens atteignent 23,5% (+0,8 point). Ces profils très connectés, hyper-mobiles, consomment les médias en mouvement — et la radio numérique leur colle parfaitement à la vie.

Mais la vraie bonne nouvelle de cette vague, c’est l’élargissement accéléré du public. Les CSP- bondissent à 18,2% (+1,5 point en un an), et les seniors de 60 ans et plus atteignent 16% (+1,4 point). La radio numérique n’est plus réservée à une élite technophile parisienne : elle se démocratise à grands pas, portée par la généralisation des smartphones et la simplicité croissante des interfaces.

Une écoute de qualité, pas juste de quantité

Ce qui frappe aussi dans les chiffres de Médiamétrie, c’est que l’écoute numérique n’est pas une écoute de passage. Les auditeurs qui choisissent le smartphone ou l’enceinte connectée y consacrent en moyenne 2h31 par jour — soit davantage que ceux qui écoutent sur un poste dédié (2h25).

La radio numérique ne capte donc pas une attention distraite ou fragmentée : elle fidélise, elle engage, elle installe la même relation de confiance et d’habitude que la radio traditionnelle.

Et cette fidélité se traduit dans les volumes d’une manière spectaculaire. Ces 11,3 millions d’auditeurs numériques représentent désormais 27,1% du volume total d’écoute radio en France, contre 24,5% il y a un an.

En clair : plus d’un quart du temps passé à écouter la radio en France se fait aujourd’hui sur un équipement numérique. Une proportion qui ne cesse de grimper, et qui intéresse évidemment au plus haut point les annonceurs et les stratèges des grands groupes radiophoniques.

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