C’est une petite anomalie dans le monde des festivals de montagne. Pas de logos de banques géants sur la scène, pas de champagne tiède à 200 euros la bouteille, mais une tente de cirque, des platines et une sacrée dose de soul. Retour sur la 14e édition du Radio Meuh Circus Festival, qui a fait vibrer La Clusaz du 2 au 5 avril 2026.

L’Alpage en mode « Global Groove »

Sous le grand chapiteau dressé au pied des pistes, l’air est un peu plus électrique que d’habitude. Dès le jeudi soir, la légende Laurent Garnier a donné le ton : ici, on ne vient pas pour écouter les tubes du Top 40, mais pour vivre une épopée sonore. Le patron de l’électro française a livré un set marathon, transformant la station savoyarde en un club de Détroit le temps d’une nuit.

Le reste du week-end fut un voyage sans passeport. On a croisé le funk impitoyable de Bacao Rhythm & Steel Band, les mélodies solaires de Mariam, et la transe futuriste de Fulu Miziki, ce collectif congolais qui fabrique ses propres instruments avec des objets de récup’. Un pari audacieux ? Peut-être ailleurs. À La Clusaz, c’est simplement « la routine » de Radio Meuh : surprendre, toujours.

Plus qu’une Radio, une Tribu

Ce qui frappe au Circus, c’est cette alchimie entre le local et le global. D’un côté, les habitués en chaussures de ski qui déchaussent pour un apéro-mix au soleil ; de l’autre, des « Meuh-nautes » venus de toute l’Europe pour voir enfin en chair et en os les programmateurs qu’ils écoutent toute l’année sur le web.

Car Radio Meuh, c’est avant tout une histoire d’indépendance. Dans un paysage médiatique dominé par les algorithmes, la station reste l’un des derniers bastions de la curation humaine.

Le festival en est la preuve physique :
• Une fête qui finance la liberté de ton.
• Pas de playlist pré-mâchée, mais des découvertes qui font danser les petits comme les grands.

« On ne cherche pas à être les plus gros, on cherche à être les plus vrais, » murmure-t-on entre deux concerts. Une philosophie qui se ressent jusque dans l’ambiance : ici, l’artiste et le festivalier partagent souvent le même comptoir.

Le Labo du Futur

Ce festival illustre une tendance de fond des médias audio : les radios qui réussissent le mieux en 2026 sont souvent celles qui sortent du seul flux linéaire pour créer des événements, des expériences et des communautés. Le festival devient alors un prolongement naturel de l’antenne, presque une “preuve physique” de la promesse éditoriale.

Radio Meuh montre qu’une webradio peut peser culturellement sans chercher le modèle des grandes stations généralistes. Elle construit sa force sur la cohérence, la proximité et l’expérience, ce qui est très pertinent dans un marché audio où l’attention est de plus en plus fragmentée.

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