L’audio ne s’écoute plus seulement à la radio. Au Canada, il se consomme désormais massivement en ligne, sur smartphone, ordinateur ou dans la voiture. Selon le dernier rapport du Media Technology Monitor (MTM), publié le 3 septembre 2026 sous le titre « Volume Up: Online Audio Overview 2026 », quatre Canadiens sur cinq écoutent aujourd’hui de l’audio en ligne. Chez les jeunes adultes, ce chiffre frôle l’unanimité.

Un usage devenu majoritaire, surtout chez les jeunes

Le rapport de l’Observateur des technologies médias (OTM), la version francophone du MTM, dresse un portrait clair : l’audio en ligne s’est imposé comme un réflexe quotidien.

  • 80% des Canadiens consomment de l’audio en ligne (musique, balados, radio en ligne, livres audio).
  • Chez les 18–34 ans, ce taux atteint 96%.
  • Chez les 35–49 ans, il est de 92%.

Ne pas écouter d’audio en ligne est devenu l’exception pour les moins de 50 ans. Le téléphone cellulaire est l’appareil principal pour deux auditeurs sur trois, confirmant une habitude « mobile-first » : on écoute dans les transports, en marchant, au travail, à la maison.

Où et comment écoute-t-on ?

Le rapport donne aussi des indications précieuses sur les équipements et les contextes d’écoute :

  • Le cellulaire reste l’appareil roi, surtout pour les balados.
  • L’ordinateur arrive en deuxième position.
  • Les systèmes audio intégrés aux véhicules occupent une place non négligeable, signe que l’audio numérique grignote un terrain historiquement occupé par la radio AM/FM dans la voiture.

Côté services, les plateformes de streaming audio (musique, etc.) touchent un peu moins de trois Canadiens sur cinq. Spotify et YouTube Music dominent le marché. Et surtout, plus de deux Canadiens sur cinq paient un abonnement à une plateforme audio, pour bénéficier par exemple de l’absence de publicité, du téléchargement hors ligne ou de contenus exclusifs.

Un canal majeur de consommation culturelle

Ces données ne concernent pas que les professionnels des médias. Elles disent beaucoup de la façon dont les Canadiens s’informent, se divertissent et occupent leur temps libre.

1. L’audio est partout, tout le temps

Avec 80% de pénétration nationale et plus de 90% chez les moins de 50 ans, l’audio en ligne est devenu un canal majeur de consommation culturelle et informationnelle. Que vous écoutiez de la musique, des nouvelles, des histoires ou des cours, vous faites partie de cette majorité silencieuse mais massive.

2. Le podcast n’est plus « alternatif »

Il y a encore quelques années, le podcast était perçu comme un format un peu geek, réservé aux early adopters. Aujourd’hui, un Canadien sur deux en consomme chaque mois.

  • les sujets se diversifient (actualités, santé, histoire, true crime, humour, éducation, etc.),
  • les formats se multiplient (émissions longues, mini-séries, formats courts quotidiens, versions vidéo),
  • l’offre francophone, bien que minoritaire, trouve elle aussi son public (au Québec et dans le reste du Canada).

3. La voiture n’échappe pas à la transformation

Le fait que les systèmes audio des véhicules soient cités comme un support important montre que l’audio numérique ne se limite pas au casque sur smartphone. Dans la voiture, les auditeurs basculent progressivement de la radio traditionnelle vers des flux en ligne, des applications et des balados.

De nouveaux modèles économiques

Pour les radios, les webradios, les journalistes et les créateurs de contenus, ce rapport envoie un signal clair : ignorer l’audio en ligne, c’est se couper d’une large part de l’audience, surtout jeune.

Cela se traduit par plusieurs évolutions concrètes :

  • Plus de contenu à la demande : les émissions de radio sont de plus en plus proposées en replay, découpées en segments ou adaptées en formats podcast.
  • Une présence multi-plateformes : être présent sur les applications d’écoute (Spotify, Apple Podcasts, YouTube Music, TuneIn…) devient aussi important que d’avoir une fréquence FM.
  • Des formats pensés pour le mobile : intros plus rapides, structures plus claires, durées adaptées aux trajets et aux pauses.

La forte proportion d’abonnés payants (>40%) montre aussi que le public est prêt à payer pour de l’audio de qualité, sans publicité ou avec des contenus exclusifs. Cela ouvre la voie à de nouveaux modèles économiques (membres, abonnements, contenus premium) pour les créateurs indépendants comme pour les médias établis.

Des tendances similaires en France

Même si ces chiffres sont canadiens, ils font écho à ce qui s’observe en France. Selon l’étude Global Audio 2026 de Médiamétrie, 96% des 15–80 ans écoutent de l’audio chaque mois, et les usages digitaux sont en forte hausse. L’audio en ligne y est également devenu un usage de masse, avec une forte progression chez les 35–64 ans. L’audio ne disparaît pas, il se transforme et se déplace vers le numérique.

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