Vous pensiez que le streaming musical avait atteint son plafond ? En réalité, il change simplement de rythme. MIDiA Research vient de publier ses prévisions mondiales 2026–2033, et le diagnostic est clair : l’audio en ligne entre dans sa phase de maturité.

Après une belle accélération en 2025 (+11,4 % de croissance, pour atteindre 74,3 milliards de dollars), le secteur abandonne la course effrénée aux nouveaux venus pour entrer dans une nouvelle phase de croissance par la valeur et la diversification.

Moins de nouveaux venus, mais des offres plus riches

Dans les pays développés (Europe de l’Ouest, États-Unis, Japon), quasiment tout le monde a déjà son abonnement sur Spotify, Deezer ou Apple Music. Avec la saturation du marché, la hausse du nombre d’abonnés ralentit. Pour continuer à grandir, les plateformes misent désormais sur la hausse du revenu moyen par utilisateur (ARPU) dès 2026 — un indicateur qui avait baissé en 2025 à cause de promos et d’essais gratuits très agressifs.

Cette création de valeur passe par :

  • Des ajustements de tarifs maîtrisés.
  • Des offres haut de gamme (hi-fi) et des abonnements combinés (bundles avec la vidéo).
  • Des mécanismes de revenus modulés (Discovery Mode, nouveaux accords avec les ayants droit).

Grâce à ces leviers, les revenus mondiaux de la musique enregistrée devraient bondir de +62,9 % d’ici 2033, pour atteindre 121,1 milliards de dollars.

Le grand retour de l’audio gratuit avec pub

Après un creux en 2025 (avec un résultat inférieur de 8,2 % aux prévisions), l’audio gratuit financé par la publicité (ad-supported) va rebondir spectaculairement. MIDiA anticipe qu’il s’agira du sous-segment à la croissance annuelle la plus rapide d’ici 2033.

Ce marché, qui pesait 11,3 milliards de dollars en 2025, devrait atteindre 18,5 milliards en 2033. Ce regain repose sur deux piliers :

  • L’adoption massive dans les marchés émergents (Moyen-Orient, Afrique subsaharienne, Inde), où le gratuit reste la porte d’entrée privilégiée.
  • L’essor de la publicité audio programmatique et des formats sonores sur mesure (brand content), qui optimisent la rentabilité de chaque écoute.

La « fan economy » : la musique au-delà des applis

La croissance ne dépendra plus uniquement des plateformes de streaming classiques (les DSP). Elle viendra aussi de la fan economy — un marché alternatif estimé lui aussi à 18,5 milliards de dollars d’ici 2033 (contre 11,3 milliards en 2025). Il englobe tout ce qui relie directement l’artiste à sa communauté :

  • Les ventes physiques (vinyles, CD, cassettes) et le merchandising.
  • Le live, les partenariats de marque et les droits étendus (branding, synchro).
  • L’audio intégré hors-DSP : réseaux sociaux, applications de fitness, jeux vidéo et webradios thématiques.

Pour les acteurs de l’audio et les webradios, l’opportunité est directe : nouer des partenariats avec des marques et des artistes pour proposer des sessions live exclusives, des univers sonores sponsorisés ou des contenus VIP.

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